Fiche n° 04 Silicates – quartz macrocristallin
Quartz (variété citrine)
Citrine : naturelle ou améthyste chauffée, comment s’y retrouver
Composition chimique : SiO₂ (origine de la couleur naturelle discutée : centres colorés liés à l’aluminium ou traces de fer)
Miel clair, ambre, orange brûlé : la citrine décline toutes les nuances de l’or. Mais derrière ce nom se cachent deux réalités, une citrine naturelle rare et une améthyste chauffée bien plus répandue. Quelques repères permettent de les distinguer, avant de voir ce que la tradition associe à la citrine et comment préserver sa couleur.
- Dureté de Mohs : 7
- Système cristallin : Trigonal
- Supporte un rinçage bref
- Craint la lumière du soleil
- Jaune / doré
- Orange
- Brun
Les faits
Ce que dit la géologie
Données minéralogiques vérifiées sur des sources de référence.
- Espèce ou variété
- Quartz (variété citrine)
- Famille minérale
- Silicates – quartz macrocristallin
- Composition chimique
- SiO₂ (origine de la couleur naturelle discutée : centres colorés liés à l’aluminium ou traces de fer)
- Système cristallin
- Trigonal (rhomboédrique)
- Phénomène optique
- Aucun phénomène particulier
Dureté sur l’échelle de Mohs
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8
- 9
- 10
Couleurs
- Jaune / doré
- Orange
- Brun
Principaux gisements
- Citrine naturelle : Bolivie (mine d’Anahí, aussi source d’amétrine)
- Russie
- Madagascar
- Espagne
- Mexique
- Uruguay. Améthyste destinée au chauffage : surtout Brésil.
Les récits
Ce que raconte la tradition
Selon la tradition lithothérapeutique : des croyances, sans effet démontré. Les correspondances varient d’un auteur à l’autre.
Chakras associés
- Sacré (Svadhisthana)
- Plexus solaire (Manipura)
Signes astrologiques
- Bélierfeu
- Gémeauxair
- Lionfeu
Mots-clés traditionnels
- joie
- confiance
- optimisme
- abondance
- créativité
Purification
- Eau claire (rinçage bref)
- Sel sec sans contact (coupelle posée sur le sel)
- Fumigation (encens, résines, plantes)
- Son (bol chantant, diapason)
- Druse de quartz ou géode d’améthyste
Seules les méthodes sans risque physique pour cette pierre sont indiquées. Le guide de la purification
Les gestes
Entretien et précautions
Aucune sensibilité particulière à l’eau n’est signalée : un rinçage bref à l’eau claire, puis un séchage soigneux, conviennent.
Une exposition prolongée à la lumière ou à la chaleur peut la faire pâlir ou l’altérer : à garder à l’ombre, loin d’une fenêtre ensoleillée.
Dure : elle résiste à la poussière (le quartz, 7, en est le composant le plus dur courant) mais peut rayer les pierres plus tendres de la collection.
Précautions
Dureté 7, bonne ténacité. La citrine naturelle est sensible aux ultraviolets : éviter le plein soleil prolongé. Craint la forte chaleur et les chocs thermiques (pas de vapeur). Nettoyage à l’eau tiède savonneuse. Ranger à part des pierres plus tendres.
Traitements et imitations à connaître
La plupart des citrines du commerce sont des améthystes chauffées : orange soutenu tirant sur le rouge ou le brun, perte du dichroïsme, géodes aux pointes orangées sur base blanchâtre. Citrine de synthèse cultivée en laboratoire. Verre jaune : bulles rondes à la loupe. Seul un laboratoire tranche avec certitude.
Carte d’identité de la citrine
La citrine est la variété jaune à brun orangé du quartz : du dioxyde de silicium (SiO₂) cristallisé dans le système trigonal, d’une dureté de 7 sur l’échelle de Mohs, avec une bonne ténacité. Son nom, attesté en anglais dès le XIVe siècle, vient du latin citrus par l’intermédiaire du français « citron ». Avant la minéralogie moderne, on appelait volontiers « topaze » toute pierre jaune dorée, et le GIA (Gemological Institute of America) rappelle que la citrine a longtemps été confondue avec elle.
Elle a été signalée dans des bijoux romains et a connu une grande vogue dans les bijoux écossais de l’époque victorienne. L’origine de la couleur de la citrine naturelle reste discutée : certains chercheurs l’attribuent à des centres colorés liés à l’aluminium, comme dans le quartz fumé, d’autres à des traces de fer.
Citrine naturelle et citrine chauffée : ce qui les distingue
Le jaune est une couleur rare chez le quartz. Le GIA l’écrit sans détour : la plupart des citrines du marché résultent du chauffage d’améthystes, extraites pour l’essentiel au Brésil. Quelques centaines de degrés suffisent à faire disparaître le violet de l’améthyste et à révéler un jaune plus ou moins profond, qui tire volontiers sur l’orangé, le rouge ou le brun. Cette abondance fait de la citrine l’une des pierres jaunes les plus accessibles du marché.
La citrine naturelle provient notamment de Bolivie, où la mine d’Anahí est une source importante de citrine non chauffée, d’un jaune orangé à jaune brunâtre ou verdâtre. Selon le GIA, ce gisement aurait été découvert au XVIIe siècle par un conquistador espagnol, puis oublié pendant des siècles avant d’être redécouvert dans les années 1960. Il livre aussi l’amétrine, où violet et jaune coexistent dans un même cristal. Le GIA cite aussi, parmi les principales sources de citrine, l’Espagne, Madagascar, le Mexique et l’Uruguay ; la Russie en fournit également. Il existe enfin une citrine de synthèse, cultivée en laboratoire comme l’améthyste.
Une améthyste chauffée n’est pas une fausse pierre : c’est un quartz naturel traité, qui doit être vendu comme tel. Notre guide des pierres traitées et imitations explique ce que recouvrent ces mentions.
Les indices pour reconnaître une améthyste chauffée
Aucun indice visuel ne suffit à lui seul, mais plusieurs signes orientent le diagnostic :
- les géodes et druses « citrine » : des pointes orangées très colorées sur une base blanchâtre trahissent presque toujours une géode d’améthyste chauffée, car la couleur de l’améthyste est concentrée vers la pointe des cristaux et absente près de leur base ;
- la teinte : un orange soutenu tirant sur le rouge ou le brun évoque le chauffage, sans en être une preuve ;
- le dichroïsme : la citrine naturelle change légèrement de nuance selon l’angle d’observation, ce que ne fait pas l’améthyste chauffée ; un gemmologue le vérifie au dichroscope ;
- le prix et l’étiquette : de grandes quantités de « citrine naturelle » à bas prix doivent éveiller la méfiance.
Pour une certitude, il faut un examen en laboratoire. Pour aller plus loin, consultez notre guide pour reconnaître une vraie pierre.
La citrine dans la tradition lithothérapeutique
Selon la tradition lithothérapeutique, la citrine est une pierre solaire : on lui prête la joie, la confiance en soi, l’optimisme et l’abondance. Elle est associée au chakra du plexus solaire, parfois au chakra sacré (voir pierres et chakras), et le plus souvent au Bélier, aux Gémeaux et au Lion, les correspondances variant selon les auteurs. Elle partage cette symbolique dorée avec l’œil de tigre, autre quartz aux reflets de miel.
La tradition la dit « autonome » : elle ne retiendrait pas les énergies négatives et n’aurait besoin ni de purification ni de rechargement. C’est une croyance, au même titre que les autres. La citrine est aussi, avec la topaze, la pierre de naissance de novembre : elle a été ajoutée à la liste américaine lors de sa révision de 1952 (voir pierres de naissance). Rappelons qu’aucun effet des pierres sur la santé ou l’humeur n’a été démontré, comme l’explique notre avertissement.
Entretien : lumière, chaleur et rangement
Sa dureté rend la citrine facile à porter. Le GIA recommande l’eau tiède savonneuse ; les ultrasons sont en général sans danger, mais la vapeur est risquée, car une forte chaleur ou un brusque changement de température peut la fêler. La citrine naturelle est sensible aux ultraviolets : par prudence, ne la laissez pas en plein soleil et préférez, si vous suivez la tradition, la lune au soleil, comme l’explique notre guide pour recharger ses pierres. Plus dure que la plupart des pierres d’une collection, elle se range à part, dans une pochette en tissu ou un compartiment, pour ne pas rayer les plus tendres. Portée en bague, elle supporte bien le quotidien ; retirez-la simplement avant de manipuler des produits ménagers ou de jardiner, pour éviter chocs et rayures sur la monture comme sur la pierre.
Questions fréquentes
Ma citrine est-elle une améthyste chauffée ?
C’est probable si elle est d’un orange soutenu tirant sur le rouge ou le brun, et presque certain s’il s’agit d’une géode ou d’une druse aux pointes orangées sur une base blanchâtre. La plupart des citrines du commerce sont des améthystes chauffées, selon le GIA. Ce n’est pas une fausse pierre, mais un quartz traité. Seul un laboratoire peut conclure avec certitude, notamment en vérifiant le dichroïsme, que l’améthyste chauffée a perdu.
Faut-il purifier la citrine ?
Selon la tradition lithothérapeutique, la citrine serait une pierre « autonome », qui ne retiendrait pas les énergies négatives et n’aurait besoin ni de purification ni de rechargement. Il s’agit d’une croyance. Physiquement, un rinçage à l’eau claire ou un nettoyage à l’eau tiède savonneuse ne l’abîme pas ; évitez simplement la vapeur, les chocs thermiques et l’exposition prolongée au soleil.
La citrine craint-elle le soleil ?
La citrine naturelle est sensible aux ultraviolets, ce qui justifie la prudence. Comme on ignore souvent si une citrine est naturelle ou chauffée, la prudence s’applique à toutes : rangez-la à l’abri du plein soleil, ne la laissez pas des mois sur un rebord de fenêtre et préférez, si vous suivez la tradition, la lumière de la lune au soleil. Évitez aussi les sources de chaleur.
La citrine est-elle la pierre de naissance de novembre ?
Oui, avec la topaze. La liste moderne des pierres de naissance, adoptée en 1912 par l’association américaine des bijoutiers, a été révisée en 1952 : la citrine a alors été ajoutée pour novembre. Il s’agit d’une convention commerciale et culturelle, sans lien avec les correspondances astrologiques, qui associent plutôt la citrine au Bélier, aux Gémeaux et au Lion.
Sources
- GIA, November Birthstones: Topaz and Citrine gia.edu
- GIA, Is citrine treated? gia.edu
- GIA, Is there synthetic citrine? gia.edu
- Wikipedia, Citrine (quartz) en.wikipedia.org
- Wikipedia, Birthstone en.wikipedia.org
- Wikipedia, Amethyst en.wikipedia.org