Glossaire des pierres : les mots de la minéralogie et de la tradition

Clivage, trace, labradorescence, druse, rechargement, pierre stabilisée : les fiches et les guides de ce site emploient un vocabulaire précis, venu de la minéralogie, de la gemmologie, du commerce et de la tradition lithothérapeutique. Ce glossaire les définit en quelques phrases, en distinguant toujours les faits mesurables des notions de croyance.

Les mots de la minéralogie : dureté, clivage, éclat, densité, trace

Minéral

Solide naturel doté d’une composition chimique définie et d’une structure cristalline ordonnée : ses atomes s’empilent selon un motif qui se répète dans les trois directions de l’espace. Le quartz, la fluorite ou l’hématite sont des minéraux ; l’améthyste et la citrine sont des variétés de quartz, distinguées par leur couleur.

Roche

Assemblage naturel de plusieurs minéraux. Le lapis-lazuli est une roche : son bleu vient de la lazurite, ses veines blanches de la calcite et ses paillettes dorées de la pyrite. Une roche n’a donc ni formule chimique unique ni dureté unique.

Minéraloïde

Matière naturelle qui ressemble à un minéral mais ne possède pas de réseau cristallin ordonné. L’obsidienne, verre volcanique refroidi trop vite pour cristalliser, et l’opale en sont les exemples les plus connus.

Dureté

Résistance d’une pierre à la rayure. Une pierre raye toutes celles qui sont moins dures qu’elle et se laisse rayer par les plus dures. C’est le premier critère d’entretien : une pierre tendre rangée au contact d’un quartz finira rayée, comme l’explique notre guide pour entretenir ses pierres.

Échelle de Mohs

Échelle de dureté créée en 1812 par le minéralogiste allemand Friedrich Mohs à partir de dix minéraux repères : talc (1), gypse (2), calcite (3), fluorite (4), apatite (5), orthose (6), quartz (7), topaze (8), corindon (9) et diamant (10). Elle est ordinale : elle classe les minéraux sans mesurer d’écarts, et un « point » ne représente pas partout la même différence de dureté. Repères pratiques : l’ongle raye le gypse, l’acier ordinaire avoisine 5,5. Le tableau des pierres donne la dureté de chaque pierre du site.

Ténacité

Résistance aux chocs et à la cassure, à ne pas confondre avec la dureté. Le diamant, le plus dur des minéraux, peut se fendre sous un choc bien placé ; à l’inverse, le jade néphrite, de dureté moyenne, est réputé pour sa ténacité, due à l’enchevêtrement de ses fibres microscopiques.

Clivage

Tendance d’un minéral à se fendre selon des plans précis, dictés par sa structure. La fluorite possède quatre plans de clivage parfaits qui la débitent en octaèdres ; la pierre de lune, la labradorite et l’amazonite, qui sont des feldspaths, ont elles aussi un clivage net. Une pierre clivable craint les chocs, même lorsqu’elle est assez dure.

Cassure

Aspect de la surface d’une pierre brisée en dehors des plans de clivage. Le quartz et l’obsidienne présentent une cassure conchoïdale, en forme de coquille, aux arêtes très coupantes.

Éclat

Manière dont la surface d’une pierre renvoie la lumière. On parle d’éclat vitreux (quartz), métallique (hématite), soyeux (œil de tigre, gypse fibreux), nacré, gras ou adamantin (diamant). L’éclat aide à identifier une pierre, et un éclat inattendu peut trahir une imitation en verre ou en résine.

Densité

Rapport entre la masse d’une pierre et celle d’un même volume d’eau. Le quartz a une densité de 2,65 ; l’hématite, d’environ 5,3, pèse donc deux fois plus lourd dans la main à volume égal. Les gemmologues mesurent la densité pour distinguer des pierres d’aspect semblable.

Trace

Couleur de la poudre d’un minéral, obtenue en le frottant sur une plaque de porcelaine non émaillée. Elle est souvent plus fiable que la couleur de la pierre elle-même : l’hématite, grise à noire, laisse une trace rouge-brun. Le test abîme légèrement la pierre et se pratique sur une zone discrète.

Inclusion

Corps étranger emprisonné dans une pierre lors de sa formation : cristal d’un autre minéral, bulle de liquide ou de gaz, fibre. Ce sont ainsi des paillettes de fuchsite, un mica chromifère, qui font scintiller l’aventurine verte.

Les systèmes cristallins : les familles de cristaux

Système cristallin

Classement des cristaux selon la symétrie de leur maille, le plus petit motif dont la répétition construit le cristal. La cristallographie retient sept systèmes, regroupés en six familles, les systèmes hexagonal et trigonal formant une même famille. Le système se devine parfois à la forme du cristal : cube de fluorite, prisme à six faces du quartz.

Système Maille Exemples
Cubique Trois axes égaux, à angle droit Fluorite, sodalite
Quadratique (tétragonal) Deux axes égaux et un troisième différent, tous à angle droit Zircon
Hexagonal Deux axes égaux à 120°, un troisième perpendiculaire Béryl (aigue-marine, émeraude)
Trigonal (rhomboédrique) Symétrie d’ordre 3 autour d’un axe principal Quartz, tourmaline, hématite
Orthorhombique Trois axes inégaux, à angle droit Topaze, péridot
Monoclinique Trois axes inégaux, un seul angle différent de 90° Gypse (sélénite), malachite, orthose (pierre de lune), jade
Triclinique Trois axes inégaux, aucun angle droit Labradorite, amazonite, turquoise

Amorphe

Se dit d’une matière sans réseau cristallin, dont les atomes sont disposés sans ordre à grande distance, comme dans un verre. L’obsidienne est amorphe : elle n’a ni clivage ni forme cristalline propre.

Cristallisé, massif, microcristallin

Un minéral cristallisé forme des cristaux visibles, aux faces planes. Massif, il se présente en masse compacte sans cristaux distincts, comme la plupart du quartz rose. Microcristallin, il est fait de cristaux trop petits pour être vus à l’œil nu : c’est le cas de la calcédoine, dont la cornaline est une variété.

Les effets optiques : chatoyance, adularescence, labradorescence, aventurescence

Chatoyance

Bande de lumière soyeuse qui semble glisser à la surface d’une pierre quand on la fait tourner, comme dans l’œil d’un chat. Elle naît de la réflexion de la lumière sur des fibres ou des inclusions en aiguilles parallèles. L’œil de tigre en est l’exemple le plus connu ; la pierre doit être taillée en cabochon, la base parallèle aux fibres, pour que l’effet apparaisse.

Adularescence

Lueur laiteuse et bleutée qui flotte sous la surface et se déplace avec la pierre. Elle provient de l’interaction de la lumière avec de fines couches alternées de deux feldspaths, espacées à l’échelle de la longueur d’onde de la lumière. Son nom vient de l’adulaire, une variété de feldspath potassique ; elle fait tout le charme de la pierre de lune.

Labradorescence

Éclats de couleurs vives, bleus, verts ou dorés, qui s’allument sur la labradorite sous un angle précis puis s’éteignent quand on la tourne. Ils naissent de lamelles submicroscopiques formées pendant un refroidissement lent, lorsque se séparent des couches plus riches en calcium et d’autres plus riches en sodium. La spectrolite, extraite en Finlande, en offre la palette la plus large.

Aventurescence

Scintillement métallique produit par une multitude de minuscules paillettes réfléchissantes alignées dans la pierre : fuchsite dans l’aventurine verte, oxydes de fer ou cuivre métallique dans d’autres matières. Le mot vient de l’italien a ventura, « par hasard », en souvenir de la découverte, réputée fortuite, du verre aventurine ou goldstone, une matière artificielle fabriquée à Venise dès le XVIIe siècle.

Fluorescence

Émission de lumière visible par une pierre éclairée en ultraviolet. Le physicien George Gabriel Stokes a forgé le mot en 1852 à partir du nom de la fluorite, minéral chez lequel le phénomène est fréquent.

Irisation

Reflets aux couleurs de l’arc-en-ciel produits par l’interférence de la lumière dans de minces couches, comme sur une bulle de savon ou une flaque d’huile. Dans une pierre, ils apparaissent souvent le long de fines fissures internes.

Formes et tailles : brute, roulée, pointe, cabochon, druse, géode

Pierre brute

Pierre laissée telle qu’elle sort du gisement, éventuellement débarrassée de sa gangue ou cassée en morceaux. Elle garde ses arêtes, ses faces naturelles ou ses cassures ; c’est la forme la plus proche de la roche, mais pas toujours la plus solide, car ses fissures n’ont pas été éliminées.

Pierre roulée

Petite pierre polie dans un tonneau rotatif avec des abrasifs de plus en plus fins, puis une poudre de polissage. Le procédé demande en général trois à cinq semaines et au moins trois étapes. Il arrondit les angles et révèle couleur et transparence ; c’est la forme la plus répandue en lithothérapie.

Pointe

Cristal terminé par une pyramide, naturelle ou taillée. Les pointes naturelles portent les faces de croissance du cristal ; beaucoup de « pointes » du commerce sont taillées et polies dans un bloc, ce qui ne change rien à leur nature mais mérite d’être indiqué.

Cabochon

Taille en dôme lisse, sans facettes, sur une base plate. C’est la taille des pierres opaques et des pierres à effet optique : chatoyance et adularescence ne se révèlent bien qu’en cabochon.

Pierre facettée

Pierre taillée en facettes planes qui renvoient et dispersent la lumière. Réservée aux pierres transparentes, cette taille demande une matière peu fissurée.

Druse

Surface de roche couverte de cristaux serrés, pointés vers l’extérieur : plaque de petites pointes de quartz, fragment de géode d’améthyste. Dans la tradition, la druse sert de support pour « purifier » ou « recharger » d’autres pierres.

Géode

Cavité rocheuse, souvent arrondie, dont la paroi intérieure est tapissée de cristaux. Les géodes d’améthyste se forment notamment dans les roches volcaniques du sud du Brésil et de l’Uruguay. Ouverte en deux, une géode donne deux coupelles cristallines.

Le vocabulaire de la tradition : purification, rechargement, chakra, élixir

Les termes suivants désignent des notions de croyance. Ils sont définis tels que les emploie la tradition lithothérapeutique, sans qu’aucun effet n’ait été démontré.

Lithothérapie

Ensemble de croyances et de pratiques qui prêtent aux pierres une influence sur le bien-être physique ou émotionnel. Aucune étude scientifique n’a démontré un tel effet ; sur ce site, la lithothérapie est présentée comme une tradition culturelle.

Purification

Dans la tradition lithothérapeutique, rituel censé débarrasser une pierre des « énergies » qu’elle aurait accumulées : eau, sel, fumigation, son, druse ou enfouissement. Il ne s’agit pas d’un nettoyage physique, et plusieurs méthodes abîment les pierres sensibles ; notre guide pour purifier ses pierres précise lesquelles éviter.

Rechargement

Dans la tradition, étape qui suit la purification et viserait à « redonner de l’énergie » à une pierre : lumière de la lune, soleil doux, druse ou plaque de sélénite. La notion ne correspond à aucune grandeur physique mesurable.

Chakra

Mot sanskrit signifiant « roue » ou « cercle », qui désigne dans des traditions indiennes un centre d’énergie du corps subtil, support de méditation. Le système des sept chakras connu en Occident vient surtout de The Serpent Power (1919), traduction libre par John Woodroffe d’un texte sanskrit du XVIe siècle ; l’attribution des sept couleurs de l’arc-en-ciel, puis des pierres, est une construction occidentale du XXe siècle. Aucune preuve scientifique de l’existence des chakras n’a été apportée.

Élixir

Dans la tradition, eau dans laquelle une pierre a trempé et que l’on boirait ou appliquerait sur la peau. Nous déconseillons formellement cette pratique : certaines pierres contiennent des éléments toxiques, comme le cuivre de la malachite ; d’autres se dissolvent, comme la sélénite ; les pierres teintes ou traitées peuvent relâcher colorants et résines ; et l’eau stagnante pose un problème d’hygiène.

Ancrage, protection

Mots-clés fréquents de la tradition. Une pierre « d’ancrage » serait associée à la stabilité et au lien avec la terre, comme l’hématite ou la tourmaline noire ; une pierre « de protection » à la mise à distance de ce que l’on juge négatif. Ce sont des symboles, non des effets.

Le vocabulaire du commerce : traitée, teintée, stabilisée, synthétique, imitation

Pierre naturelle

Pierre formée par la nature, sans autre intervention humaine que l’extraction, la taille et le polissage.

Pierre traitée

Pierre naturelle dont l’aspect a été modifié pour changer sa couleur, améliorer sa transparence ou la consolider. Un traitement n’est pas une tromperie en soi ; le taire induit l’acheteur en erreur. Notre dossier sur les pierres traitées et les imitations détaille les cas courants.

Pierre chauffée

Pierre traitée par la chaleur. L’améthyste chauffée vire au jaune-orangé ou au brun : une grande partie des citrines du commerce sont obtenues ainsi.

Pierre teintée

Pierre poreuse ou fissurée imprégnée d’un colorant : agate aux bleus ou aux roses trop vifs, howlite teinte en bleu pour imiter la turquoise, quartz craquelé coloré. Le colorant se concentre souvent dans les fissures, visibles à la loupe.

Pierre stabilisée

Pierre poreuse ou friable imprégnée d’une résine ou d’un polymère qui la consolide et fixe sa couleur. Le procédé est très courant pour la turquoise.

Pierre reconstituée

Matériau obtenu en agglomérant des fragments ou de la poudre d’une pierre avec un liant, puis en le moulant ou en le sciant en blocs. On rencontre ainsi de la turquoise et de la malachite reconstituées.

Pierre synthétique

Pierre fabriquée en laboratoire, qui possède la même composition chimique et la même structure que son équivalent naturel. Le quartz de synthèse, produit industriellement, en est un exemple courant.

Imitation

Matière qui imite l’apparence d’une pierre sans en avoir la nature : verre, résine, céramique ou autre pierre teinte. L’opalite, un verre artificiel laiteux, imite la pierre de lune ; le goldstone imite l’aventurine.

Questions fréquentes

Quelle est la différence entre une géode et une druse ?

Une géode est une cavité rocheuse, souvent arrondie, dont l’intérieur est tapissé de cristaux tournés vers le centre. Une druse est une surface couverte de cristaux serrés, pointés vers l’extérieur : elle peut être un fragment de géode, de filon ou de roche. Une géode d’améthyste brisée en morceaux donne donc plusieurs druses ; une plaque de quartz hérissée de petites pointes est une druse.

Dureté et solidité, est-ce la même chose ?

Non. La dureté mesure la résistance à la rayure, la ténacité la résistance aux chocs. Une pierre dure peut être fragile : le diamant, le plus dur des minéraux, peut se fendre sous un choc, et les feldspaths comme la pierre de lune, d’une dureté honorable, cassent facilement le long de leurs plans de clivage. À l’inverse, le jade néphrite, de dureté moyenne, est remarquablement tenace.

Pierre synthétique et imitation, quelle différence ?

Une pierre synthétique a la même composition chimique et la même structure que la pierre naturelle, mais elle est fabriquée en laboratoire : un quartz de synthèse est bien du quartz. Une imitation n’a que l’apparence de la pierre imitée : l’opalite est un verre, le goldstone aussi, la howlite teinte en bleu n’est pas une turquoise. Les deux doivent être présentées comme telles au moment de la vente.

Sources

  1. Système cristallin (Wikipédia) fr.wikipedia.org
  2. Échelle de Mohs (Wikipédia) fr.wikipedia.org
  3. Chatoyancy (Wikipedia) en.wikipedia.org
  4. Aventurescence (Wikipedia) en.wikipedia.org
  5. Labradorite (Wikipedia) en.wikipedia.org
  6. Chakra (Wikipedia) en.wikipedia.org