Outil de référence
Tableau des pierres : dureté, eau, soleil et précautions
Avant de purifier une pierre à l’eau, de la poser au soleil ou de la ranger avec les autres, un coup d’œil à ce tableau évite bien des dégâts. Il réunit les données minéralogiques de toutes nos fiches ; le texte qui l’accompagne explique comment le lire et comment s’en servir.
Comment lire ce tableau
Le tableau rassemble, sur une seule page, les données de toutes nos fiches pierres. Chaque ligne reprend la carte d’identité minéralogique d’une pierre : sa famille, sa formule chimique, sa dureté sur l’échelle de Mohs, son système cristallin et ses couleurs. Deux pictogrammes complètent la ligne : une goutte barrée signale une pierre sensible à l’eau, un soleil barré une pierre qui craint la lumière ou la chaleur. Le nom de chaque pierre mène à sa fiche complète, où ces valeurs sont détaillées et sourcées.
Quelques conventions à connaître :
- La dureté est souvent donnée sous forme de fourchette, illustrée par une petite jauge graduée de 1 à 10. Une fourchette reflète les variations de composition d’un échantillon à l’autre, les écarts entre les références minéralogiques, ou le fait qu’il s’agit d’une roche composée de plusieurs minéraux. Pour l’entretien, fiez-vous à la valeur basse.
- Le système cristallin décrit la symétrie de l’arrangement des atomes. Deux cas particuliers : « amorphe » pour l’obsidienne, un verre naturel sans réseau cristallin, et « variable » pour les roches, comme le lapis-lazuli.
- L’absence de pictogramme ne signifie pas qu’une pierre est indestructible : elle indique seulement qu’aucune sensibilité particulière à l’eau ou à la lumière n’est documentée.
Vous pouvez trier le tableau par dureté et le filtrer par sensibilité. Sur un petit écran, faites défiler le tableau horizontalement. Les termes techniques, comme clivage, éclat ou système cristallin, sont définis dans notre glossaire.
L’échelle de Mohs en dix minéraux repères
Proposée en 1812 par le minéralogiste allemand Friedrich Mohs, l’échelle qui porte son nom classe les minéraux selon leur résistance à la rayure. Elle repose sur dix minéraux de référence, du plus tendre au plus dur :
- talc ;
- gypse, dont la sélénite est une variété ;
- calcite ;
- fluorite, qui est aussi l’une de nos fiches pierres ;
- apatite ;
- orthose, un feldspath ;
- quartz ;
- topaze ;
- corindon ;
- diamant.
Le principe est simple : un minéral raye ceux qui le précèdent sur l’échelle et se laisse rayer par ceux qui le suivent. Un ongle raye le gypse mais pas la calcite ; le verre d’une vitre se situe vers 5,5. L’échelle est ordinale, non proportionnelle : en dureté absolue, le diamant est environ quatre fois plus dur que le corindon, alors qu’un seul rang les sépare. Retenez aussi que la dureté mesure la résistance à la rayure, pas aux chocs : une pierre dure peut se fendre si elle possède un clivage.
Les pierres à tenir loin de l’eau
La goutte barrée signale une pierre que l’eau, ou ce qu’on y ajoute, peut abîmer. C’est l’information à vérifier avant toute purification à l’eau ou à l’eau salée. Les raisons diffèrent d’une pierre à l’autre :
- La sélénite est un gypse, légèrement soluble dans l’eau, de l’ordre de 2 grammes par litre. Un bain en ternit et en attaque la surface. Gardez-la aussi loin des pièces humides.
- La malachite, carbonate de cuivre, est tendre et se dissout facilement dans les acides dilués : ni vinaigre, ni citron, ni produit ménager, et pas de bain prolongé.
- La turquoise est poreuse et absorbe ce qu’elle touche. Parfums, cosmétiques, sébum de la peau et solvants peuvent en altérer le poli et la couleur.
- Le lapis-lazuli est une roche qui contient souvent de la calcite, un carbonate qui réagit aux acides. Un chiffon à peine humide vaut mieux qu’un bain.
Pour ces pierres, un pinceau doux et un chiffon sec suffisent à l’entretien courant. La tradition lithothérapeutique propose d’ailleurs des purifications sans eau, comme la fumigation, le son ou la druse.
Les pierres à tenir à l’ombre
Le soleil barré signale une pierre dont la couleur peut changer à la lumière ou à la chaleur. C’est l’information à vérifier avant de suivre les conseils de rechargement au soleil que donne la tradition.
- L’améthyste peut pâlir après une exposition prolongée au soleil direct ou sous des éclairages de vitrine puissants. Chauffée au-delà de 200 à 300 °C, elle perd son violet.
- La turquoise peut se décolorer ou se déshydrater au soleil prolongé.
- La citrine naturelle, rare, est décrite comme sensible aux ultraviolets.
- Le quartz rose figure dans cette liste par précaution : le quartz rose transparent, très rare, pâlit à la lumière ; le quartz rose massif, celui des pierres roulées, passe pour plus stable, mais rien ne justifie de le laisser en plein soleil.
- La fluorite doit ses couleurs à des impuretés, à l’exposition naturelle aux rayonnements et à des « centres colorés », un mécanisme comparable à celui de l’améthyste : on la range à l’ombre par précaution.
- La malachite porte elle aussi le soleil barré, mais pour la chaleur, à laquelle elle est sensible, plutôt que pour la lumière.
Il en va de même pour toute pierre teinte : les colorants organiques peuvent passer à la lumière. Une étagère éloignée des fenêtres, un tiroir ou une boîte fermée leur conviennent mieux qu’un rebord ensoleillé.
Ranger sa collection d’après le tableau
Triez le tableau par dureté : il devient un plan de rangement. Une pierre raye toutes celles qui sont plus tendres qu’elle. Dans un même bol, un quartz (7) finit par marquer une fluorite (4), une malachite (3,5 à 4) ou une sélénite (1,5 à 2), et deux pierres dures qui s’entrechoquent peuvent s’ébrécher.
- Rangez à part, dans des sachets de tissu individuels ou une boîte à compartiments, les pierres de dureté inférieure à 5.
- Regroupez les pierres marquées d’un soleil barré dans un tiroir ou une boîte fermée, loin des fenêtres.
- Gardez les pierres marquées d’une goutte barrée dans une pièce sèche, jamais dans une salle de bains.
- Isolez les pierres clivables, comme la fluorite, la labradorite ou la pierre de lune, et les pièces aux arêtes vives, comme l’obsidienne brute.
- Glissez avec chaque pierre une étiquette indiquant son nom exact et son origine : dans quelques années, vous serez heureux de les retrouver.
Pour les gestes de nettoyage et les cas particuliers, reportez-vous à notre guide pour entretenir ses pierres.
Toutes les fiches
Le tableau des pierres
20 pierres affichées
| Pierre | Famille | Composition | Dureté (Mohs) | Système cristallin | Eau | Soleil |
|---|---|---|---|---|---|---|
Amazonite
|
Silicates – feldspaths | KAlSi₃O₈ | Dureté de Mohs : 6–6,5 | Triclinique | Rinçage bref | Non signalée |
Améthyste
|
Silicates – quartz macrocristallin | SiO₂ (traces de fer à l’origine de la couleur) | Dureté de Mohs : 7 | Trigonal | Rinçage bref | Sensible |
Aventurine
|
Silicates – quartz macrocristallin | SiO₂ ; paillettes de fuchsite (mica chromifère) dans la variété verte | Dureté de Mohs : 6,5–7 | Trigonal | Rinçage bref | Non signalée |
Citrine
|
Silicates – quartz macrocristallin | SiO₂ (origine de la couleur naturelle discutée : centres colorés liés à l’aluminium ou traces de fer) | Dureté de Mohs : 7 | Trigonal | Rinçage bref | Sensible |
Cornaline
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Silicates – calcédoine | SiO₂ (calcédoine), colorée par des oxydes de fer | Dureté de Mohs : 6,5–7 | Trigonal | Rinçage bref | Non signalée |
Cristal de roche
|
Silicates – quartz macrocristallin | SiO₂ | Dureté de Mohs : 7 | Trigonal | Rinçage bref | Non signalée |
Fluorite
|
Halogénures | CaF₂ | Dureté de Mohs : 4 | Cubique | Rinçage bref | Sensible |
Hématite
|
Oxydes | Fe₂O₃ | Dureté de Mohs : 5–6 | Trigonal | Rinçage bref | Non signalée |
Jade
|
Silicates – autres | Néphrite : Ca₂(Mg,Fe)₅Si₈O₂₂(OH)₂ ; jadéite : NaAlSi₂O₆ | Dureté de Mohs : 6–7 | Monoclinique | Rinçage bref | Non signalée |
Labradorite
|
Silicates – feldspaths | (Ca,Na)(Al,Si)₄O₈ | Dureté de Mohs : 6–6,5 | Triclinique | Rinçage bref | Non signalée |
Lapis-lazuli
|
Roche | Lazurite (silicate du groupe de la sodalite, typiquement 30 à 40 %), calcite CaCO₃, pyrite FeS₂, diopside | Dureté de Mohs : 5–6 | Variable | Sensible | Non signalée |
Malachite
|
Carbonates | Cu₂CO₃(OH)₂ | Dureté de Mohs : 3,5–4 | Monoclinique | Sensible | Sensible |
Obsidienne
|
Minéraloïde | Verre riche en silice (en général 70 % de SiO₂ ou plus), de composition rhyolitique, souvent avec de fines inclusions de magnétite | Dureté de Mohs : 5–5,5 | Amorphe | Rinçage bref | Non signalée |
Œil de tigre
|
Silicates – quartz macrocristallin | SiO₂, avec oxydes et hydroxydes de fer et reliques de crocidolite Na₂(Fe²⁺₃Fe³⁺₂)Si₈O₂₂(OH)₂ | Dureté de Mohs : 6,5–7 | Trigonal | Rinçage bref | Non signalée |
Pierre de lune
|
Silicates – feldspaths | KAlSi₃O₈ (orthose) en lamelles alternées avec NaAlSi₃O₈ (albite) | Dureté de Mohs : 6–6,5 | Monoclinique | Rinçage bref | Non signalée |
Quartz rose
|
Silicates – quartz macrocristallin | SiO₂ (avec des inclusions fibreuses microscopiques d’un minéral proche de la dumortiérite) | Dureté de Mohs : 7 | Trigonal | Rinçage bref | Sensible |
Sélénite
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Sulfates | CaSO₄·2H₂O | Dureté de Mohs : 1,5–2 | Monoclinique | Sensible | Non signalée |
Sodalite
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Silicates – feldspathoïdes | Na₈Al₆Si₆O₂₄Cl₂ | Dureté de Mohs : 5,5–6 | Cubique | Rinçage bref | Non signalée |
Tourmaline noire
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Silicates – autres | NaFe²⁺₃Al₆(BO₃)₃Si₆O₁₈(OH)₄ | Dureté de Mohs : 7–7,5 | Trigonal | Rinçage bref | Non signalée |
Turquoise
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Phosphates | CuAl₆(PO₄)₄(OH)₈·4H₂O | Dureté de Mohs : 5–6 | Triclinique | Sensible | Sensible |
pictogramme barré : pierre sensible (eau ou lumière) Dureté : valeur basse à haute sur l’échelle de Mohs (1 talc, 10 diamant).
Questions fréquentes
Que signifie une dureté de 7 sur l’échelle de Mohs ?
C’est la dureté du quartz, septième minéral repère de l’échelle établie en 1812 par Friedrich Mohs. Une pierre de dureté 7 raye le verre, qui se situe vers 5,5, et toutes les pierres plus tendres ; elle est rayée par la topaze (8), le corindon (9) et le diamant (10). L’échelle est ordinale : elle indique un ordre, pas un rapport de proportion, et ne dit rien de la résistance aux chocs.
Quelles pierres ne faut-il pas mettre dans l’eau ?
Les plus sensibles sont la sélénite, un gypse légèrement soluble dans l’eau, la malachite, tendre et attaquée par les acides, la turquoise, poreuse, et le lapis-lazuli, qui contient de la calcite. Pour elles, pas de bain, pas d’eau salée, pas de vinaigre ni de produit ménager : un pinceau doux et un chiffon sec suffisent. Le tableau signale chaque pierre sensible d’une goutte barrée.
Quelles pierres craignent le soleil ?
L’améthyste peut pâlir à la lumière prolongée, la turquoise se décolorer ou se déshydrater, et la citrine naturelle est décrite comme sensible aux ultraviolets. Par précaution, le quartz rose et la fluorite sont aussi à garder à l’ombre, comme toutes les pierres teintes, et la malachite craint la chaleur. Le tableau les signale d’un soleil barré ; rangez-les loin des fenêtres, dans un tiroir ou une boîte fermée.
Sources
- Wikipédia – Échelle de Mohs fr.wikipedia.org
- Wikipedia – Gypsum (sélénite, solubilité dans l’eau) en.wikipedia.org
- Geology.com – Malachite (dureté, sensibilité à la chaleur et aux acides) geology.com
- Wikipedia – Turquoise (porosité, sensibilité à la lumière et aux solvants) en.wikipedia.org
- Geology.com – Amethyst (décoloration à la lumière) geology.com
- Wikipedia – Lapis lazuli (composition) en.wikipedia.org