Fiche n° 10 Silicates – feldspaths
Plagioclase de composition labradorite (50 à 70 % d’anorthite)
Labradorite : le feldspath aux reflets bleus et sa symbolique
Composition chimique : (Ca,Na)(Al,Si)₄O₈
Une pierre gris fumée, presque terne, puis, d’un léger mouvement du poignet, un éclair bleu paon, vert d’eau ou doré. La labradorite ne se révèle que sous le bon angle. Ce jeu de lumière a une explication physique précise ; la tradition, elle, en a fait une pierre de mystère et de protection.
- Dureté de Mohs : 6–6,5
- Système cristallin : Triclinique
- Supporte un rinçage bref
- Ne craint pas la lumière
- Gris / argenté
- Bleu
- Vert
- Multicolore
Les faits
Ce que dit la géologie
Données minéralogiques vérifiées sur des sources de référence.
- Espèce ou variété
- Plagioclase de composition labradorite (50 à 70 % d’anorthite)
- Famille minérale
- Silicates – feldspaths
- Composition chimique
- (Ca,Na)(Al,Si)₄O₈
- Système cristallin
- Triclinique
- Phénomène optique
- Labradorescence
Dureté sur l’échelle de Mohs
- 1
- 2
- 3
- 4
- 5
- 6
- 7
- 8
- 9
- 10
Couleurs
- Gris / argenté
- Bleu
- Vert
- Multicolore
Principaux gisements
- Canada (Labrador : île Paul près de Nain, localité type)
- Finlande (Ylämaa, spectrolite)
- Madagascar
- Norvège
- Chine
- Australie
- États-Unis
Les récits
Ce que raconte la tradition
Selon la tradition lithothérapeutique : des croyances, sans effet démontré. Les correspondances varient d’un auteur à l’autre.
Chakras associés
- Gorge (Vishuddha)
- Troisième œil (Ajna)
Signes astrologiques
- Lionfeu
- Scorpioneau
- Sagittairefeu
Mots-clés traditionnels
- protection
- intuition
- mystère
- transformation
Purification
- Eau claire (rinçage bref)
- Sel sec sans contact (coupelle posée sur le sel)
- Fumigation (encens, résines, plantes)
- Son (bol chantant, diapason)
- Druse de quartz ou géode d’améthyste
Seules les méthodes sans risque physique pour cette pierre sont indiquées. Le guide de la purification
Rechargement
- Lumière de la lune
- Druse de quartz ou géode d’améthyste
- Plaque ou bâton de sélénite
Les gestes
Entretien et précautions
Aucune sensibilité particulière à l’eau n’est signalée : un rinçage bref à l’eau claire, puis un séchage soigneux, conviennent.
Aucune décoloration à la lumière n’est signalée ; mieux vaut tout de même lui éviter la chaleur forte et les écarts brusques de température.
Dureté moyenne : elle résiste à l’acier mais se raye au contact du quartz (7), présent dans la poussière. À essuyer sans frotter et à ranger séparément.
Précautions
Deux directions de clivage (l’une parfaite, l’autre bonne) : craint les chocs et les chutes. Dureté 6 à 6,5 : rayée par le quartz, ranger à part. Eau tiède savonneuse et brosse douce ; pas d’ultrasons, pas de vapeur, pas de forte chaleur ; éviter les bains prolongés et l’eau salée. Monture protectrice pour une bague portée au quotidien.
Traitements et imitations à connaître
Confusions de noms surtout : la « pierre de lune arc-en-ciel » est une labradorite claire (Madagascar) ; « spectrolite » désigne en principe la labradorite de Ylämaa (Finlande). Demander la provenance exacte.
Carte d’identité de la labradorite
La labradorite est un feldspath de la série des plagioclases, qui va de l’albite, riche en sodium, à l’anorthite, riche en calcium. On appelle labradorite les termes qui contiennent de 50 à 70 % d’anorthite ; sa formule s’écrit approximativement (Ca,Na)(Al,Si)₄O₈. Elle cristallise dans le système triclinique, atteint une dureté de 6 à 6,5 sur l’échelle de Mohs et une densité de 2,68 à 2,72. Point essentiel pour l’entretien : elle présente deux directions de clivage presque perpendiculaires, l’une parfaite, l’autre bonne, le long desquelles elle peut se fendre.
Sa couleur propre va du gris clair au gris très sombre, presque noir. Elle est fréquente dans des roches magmatiques sombres comme le basalte et le gabbro, et compose presque à elle seule certaines anorthosites. Les feldspaths sont d’ailleurs, rappelle le GIA, les minéraux les plus répandus de l’écorce terrestre.
Labradorescence : d’où viennent les éclats bleus et dorés
Le reflet de la labradorite, appelé labradorescence, ne vient d’aucun pigment. Lors d’un refroidissement très lent de la roche, le feldspath s’est séparé en lamelles extrêmement fines, de compositions légèrement différentes, empilées les unes sur les autres. La lumière qui se réfléchit sur ces couches successives interfère avec elle-même, comme sur une bulle de savon ou une flaque d’huile : certaines couleurs sont renforcées, d’autres éteintes, selon l’épaisseur des lamelles.
Ce reflet n’apparaît que sous un angle précis. Le tailleur oriente donc la pierre pour que la plus belle couleur s’allume face à l’observateur, et deux pierres taillées dans le même bloc peuvent paraître très différentes. Notre glossaire compare la labradorescence aux autres effets optiques, chatoyance, adularescence et aventurescence.
Du Labrador à la Finlande : gisements et spectrolite
La labradorite doit son nom à sa région d’origine : elle a été décrite en 1780 à partir de spécimens de l’île Paul, près de Nain, au Labrador (Canada), qui reste sa localité type. On la rencontre aussi dans de nombreux autres pays, notamment à Madagascar, en Finlande, en Norvège, en Chine et en Australie.
La spectrolite est une variété rare, dont le reflet couvre une palette de couleurs plus riche que d’ordinaire. Le nom désigne en principe la labradorite de Ylämaa, dans le sud-est de la Finlande, dont le gisement a été découvert en 1940, pendant la construction de fortifications ; ailleurs, il relève surtout du langage commercial. Pour connaître les questions à poser sur la provenance d’une pierre, consultez notre guide sur l’origine et l’extraction des pierres.
La labradorite dans la tradition lithothérapeutique
Dans la tradition lithothérapeutique, la labradorite est surtout une pierre de protection : on la décrit comme un bouclier qui préserverait des énergies extérieures, d’où sa réputation auprès des personnes qui travaillent au contact du public. On lui associe aussi l’intuition, le mystère et la transformation, en écho à ses reflets changeants. Elle est reliée au chakra du troisième œil, parfois à celui de la gorge, et le plus souvent au Scorpion, au Sagittaire et au Lion, les listes variant selon les auteurs (voir pierres et signes astrologiques).
Ces associations sont des symboles : aucun effet protecteur ou thérapeutique d’une pierre n’a été démontré, comme le rappelle notre avertissement.
Entretien d’une pierre au clivage fragile
Ses plans de clivage rendent la labradorite sensible aux chocs : une chute sur le carrelage peut la fendre net. Sa dureté de 6 à 6,5 la rend aussi vulnérable aux rayures du quartz, plus dur qu’elle. Pour une bague ou un bracelet portés tous les jours, choisissez une monture qui protège la pierre et retirez-la pour les travaux manuels. Nettoyez-la à l’eau tiède savonneuse avec une brosse douce, sans ultrasons ni vapeur, et évitez les fortes chaleurs. Rangez-la à part, dans une pochette souple.
Pour la purification, la tradition lui accorde le rinçage bref à l’eau claire, la fumigation, le son ou la druse ; nous déconseillons les bains prolongés et l’eau salée. Notre guide pour purifier ses pierres compare ces méthodes, et notre guide pour entretenir ses pierres explique le clivage.
Pierre de lune « arc-en-ciel » : une labradorite claire
La « pierre de lune arc-en-ciel » vendue en bijouterie n’est pas une pierre de lune au sens strict. Selon le GIA, il s’agit d’une labradorite, extraite notamment à Madagascar, dont le reflet multicolore se détache sur un fond clair, presque blanc. La vraie pierre de lune est un autre feldspath, de la famille de l’orthose, dont la lueur bleutée diffuse s’appelle adularescence. Les deux pierres sont belles et naturelles ; seul le nom prête à confusion. Elles partagent la famille des feldspaths avec l’amazonite, au vert-bleu laiteux.
Questions fréquentes
Pourquoi ma labradorite n’a-t-elle presque pas de reflets ?
La labradorescence n’apparaît que sous un angle précis, quand la lumière frappe les lamelles internes de face. Faites pivoter la pierre lentement sous une source lumineuse unique, lampe ou fenêtre, plutôt que sous un éclairage diffus. Si la pierre a été taillée sans tenir compte de l’orientation des lamelles, le reflet peut rester discret ou n’apparaître que sur une partie de la surface. C’est une question de taille, pas d’authenticité.
La labradorite craint-elle l’eau ?
Elle n’est pas soluble : un rinçage bref à l’eau claire ou un nettoyage à l’eau tiède savonneuse ne l’abîme pas. Séchez-la ensuite avec un chiffon doux. Évitez en revanche les bains prolongés, l’eau salée, les ultrasons et la vapeur, qui ne conviennent pas à une pierre parcourue de plans de clivage. Le principal danger reste le choc : une chute peut la fendre.
Quelle différence entre labradorite et pierre de lune arc-en-ciel ?
La pierre de lune arc-en-ciel est, selon le GIA, une labradorite claire, extraite notamment à Madagascar, dont les reflets multicolores se détachent sur un fond presque blanc. La labradorite classique a un fond gris à sombre. La pierre de lune proprement dite est un feldspath potassique de la famille de l’orthose, avec une lueur bleutée diffuse. Les trois sont naturelles ; seuls les noms commerciaux entretiennent la confusion.
Qu’est-ce que la spectrolite ?
C’est une labradorite rare, dont les reflets couvrent une palette de couleurs plus riche que d’ordinaire. Le nom désigne en principe la labradorite de Ylämaa, dans le sud-est de la Finlande, où elle a été découverte en 1940. Appliqué à des pierres d’autres provenances, il relève du langage commercial : demandez l’origine exacte au vendeur.
Sources
- Wikipedia, Labradorite en.wikipedia.org
- Wikipédia, Labradorite fr.wikipedia.org
- GIA, Moonstone Description (labradorite et pierre de lune arc-en-ciel) gia.edu
- GIA, June Birthstones (entretien de la pierre de lune, feldspath voisin) gia.edu